Discours du président  Denis SASSOU NGUESSO à la cérémonie d’ouverture de la Conférence Internationale sur la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages d’Afrique…

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Discours du président  Denis SASSOU NGUESSO à la cérémonie d’ouverture de la Conférence Internationale sur la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages d’Afrique…

Brazzaville, le 29 avril 2015

– Monsieur le Président de la République du Tchad, Président en exercice de la CEEAC et Cher frère,
– Monsieur le Premier Ministre de la République Gabonaise,
– Madame la Commissaire de l’Union Africaine, chargée de l’Agriculture et de l’environnement,
– Madame et Messieurs les Représentants des Chefs d’Etat,
– Mesdames et Messieurs le Ministres,
– Mesdames et Messieurs les réorientants des organisations internationales, régionales et sous régionales,
– Mesdames et Messieurs les représentants des organisations Non Gouvernementales,
– Mesdames et Messieurs,
Au nom du Gouvernement et Peuple congolais, ainsi qu’en mon nom propre, je voudrais, avant tout propos, vous exprimer ma profonde gratitude ainsi que mes souhaits de cordiale bienvenue et d’un agréable séjour à Brazzaville.
Votre présence ici témoigne de l’intérêt que vous accordez aux questions relatives à l’observation et la gestion durable de la diversité biologique, en général, et à celles liées à la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages d’Afrique, en particulier.
En décidant, en juin de l’année dernière, de confier l’organisation de la présente Conférence à la République du Congo, les Chefs d’Etat des pays membres de l’Union Africaine – à qui je réitère ma profonde reconnaissance – se sont mis, résolument, en ordre de bataille contre l’un des fléaux les plus dangereux de notre temps.
En effet, de nos jours, le braconnage de la faune sauvage est pratiqué par des bandes armées dotées de puissants moyens et organisées en réseaux à travers le monde. Ce phénomène revêt, depuis lors, une dimension criminelle, eu égard à l’ampleur des massacres perpétrés sur certaines espèces de faune et de flore. A titre d’illustration, sur une population estimée entre 420 mille et 650 mille éléphants que compte l’Afrique, 100 mille ont été abattus sur une période de trois ans, soit environ 30 mille éléphants par an.
Des quantités non négligeables de gibier et de produits de flore sont régulièrement extraites de nos écosystèmes et acheminées dans les grands centres urbains, de manière illégale, au détriment des économies locales et nationales.
D’importants tonnages d’espèces marines, comme la baleine et le thon, sont exploités en dehors des quotas autorisés, mettant en péril l’existence de ces espèces.
De nombreuses plantes sont également exploitées, illégalement, pour alimenter les industries textiles et celles de fabrication des phyto-médicaments et des produits cosmétiques. Ces industries engrangent d’énormes profits qui échappent à nos économies, tandis que les populations locales et autochtones qui collectent ces plantes contribuent à leur conservation, restent éternellement pauvres.
L’exploitation illégale de bois d’œuvre a atteint des proportions inquiétantes, alors que plusieurs pays africains sont résolument engagés dans la gestion durable de cette ressource stratégique.
A la vérité, l’Afrique est confrontée à une véritable razzia écologique qui détruit sa biodiversité, compromet l’économie de ses États, menace la paix et la sécurité à l’échelle continentale. En revanche, ce pillage éhonté contribue à enrichir, scandaleusement, les pays destinataires ainsi que les réseaux intermédiaires maffieux.
Mesdames et Messieurs,
Certes, l’Afrique est de loin l’une des victimes désignées de fléau qui nous réunit aujourd’hui. Mais, certes l’Afrique se refuse à être une victime résignée.
C’est la raison pour laquelle, avec l’appui des partenaires au développement, les  États africains ont mis en place de nombreux projets et programmes en vue d’éradiquer ce péril environnemental. Nous pouvons citer le cas du projet d’Appui à l’Application de la Législation sur la faune et qui est mis en œuvre dans la sous-région d’Afrique centrale.
Grâce à cette riposte, on enregistre, depuis quelques résultats encourageants. En témoigne la saisie, en 2011, de 23 mille pointes d’ivoire issues de l’abattage illégal d’éléphants.
Cependant, malgré ces efforts, la machine de la spoliation du patrimoine biologique de l’Afrique continue, hélas, de tourner. Cet état de choses appelle, par conséquent, une nouvelle stratégie de lutte adaptée aux exigences du moment.
Voilà pourquoi, tout en soutenant les résolutions de Marrakech, de Paris, de Londres, et de  KASANE au Botswana, mon gouvernement a suggéré et obtenu des autres pays d’Afrique, l’organisation de la présente Conférence internationale, avec l’appui de la Communauté internationale et des partenaires techniques et financiers.
-Excellences,
– distingués Invités,
– Mesdames et Messieurs,
Placée sous le thème « sécuriser la biodiversité d’Afrique pour la durabilité et la paix mondiale », la Conférence internationale de Brazzaville sur l’exploitation illégale et le commerce illicite des produits de la faune et de la flore sauvages d’Afrique, est appelée à mettre au point une stratégie de riposte africaine contre le braconnage de la faune et l’exploitation illégale de la flore, assortie d’un plan d’actions conséquent.
A ce stade, j’aimerais souligner que l’efficacité d’une telle stratégie est en partie tributaire de la prise en compte d’un certain nombre de préalables, notamment:
– la promotion de l’élan de solidarité et de complémentarité qui permet ainsi de résoudre l’épineux problème de l’insuffisance des moyens financiers à mobiliser;
– l’implication effective des populations locales dans le processus de gestion de la diversité biologique;
– la mise en  valeur des activités alternatives à la chasse en faveur des mêmes populations locales;
– enfin, le nécessaire renforcement de la coopération entre les pays africains détenteurs de la biodiversité, les pays de transit des produits de la faune et de la flore exploitées illégalement, et les pays de consommation finale.
A cet égard, l’Accord de Lusaka ayant son siège à Nairobi, auquel incombe la charge de réprimer les délits et crimes sur la faune et la flore sauvages, mérite d’être mieux soutenu.
– Excellence,
– Distingués Invités,
– Mesdames et Messieurs,
Pour ce qui concerne le Congo, mon pays, depuis l’an 2000, une politique de gestion durable des forêts est mise en œuvre, dont la conservation et la gestion durable de la biodiversité constituent les principaux axes stratégiques. Des efforts encourageants et reconnus par la Communauté internationale ont été consentis dans ce domaine.
Dans les instants qui vont suivre, nous allons procéder, devant ce palais des Congrès, à la destruction de l’ivoire et du bois frauduleux saisis par les services publics de mon pays, avec l’appui des projets spécifiques et des ONG.
Je vous invite à cette cérémonie symbolique qui traduit l’engagement et la détermination de mon Gouvernement à lutter, sans concession, contre le braconnage et le commerce illicite de la faune sauvage.
Avant de terminer, j’exhorte la Communauté internationale à se mobiliser davantage contre la criminalité environnementale sous toutes ses formes, et à s’engager franchement pour cette cause, de la même manière qu’elle s’implique dans la lutte contre le changement climatique.
C’est la responsabilité de la Communauté internationale, c’est son devoir de sortir l’homme de sa mentalité prédatrice. De l’amener à comprendre qu’il ne doit arracher aucun végétal si ce n’est pas par nécessité essentielle, ni éliminer aucun animal si ce n’est par besoin vital.
Sur cet appel, je déclare ouverte la Conférence internationale sur la lutte contre l’exploitation illégale et le commerce illicite de la faune et de la flore sauvages d’Afrique.
Vive l’Union Africaine!
Vive la coopération internationale!
Je vous remercie.

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