Le Cardinal Laurent Monsengwo ne peut-il pas conseiller à son gendre Denis Sassou-N’guesso de ne pas s’éterniser au pouvoir ?

Il est de la famille, il pourrait lui conseiller de ne pas s'éterniser au pouvoir...

Il est de la famille, il pourrait lui conseiller de ne pas s’éterniser au pouvoir…

 A Kinshasa, face au régime de Joseph Kabila Kabange, il tempête contre un glissement en 2016 ; à Brazzaville auprès  du père  de « kiki » et  de « Coco » Sassou-N’guesso, l’on aimerait aussi que son éminence, le cardinal Laurent Monsengwo donne de sages conseils à son parent par alliance, lequel est sur le point  de  vouloir changer la constitution de son pays. « Il est un devoir, avait dit, en 2009, à Brazzaville, Laurent Monsengwo, pour les cardinaux de juger, avec le pape les événements à travers le monde ».  Ce ne serait  pas une ingérence. Il  est écouté et beaucoup estimé au Congo voisin. Il peut  faire éviter  le pire. 

Mgr Ernest Nkombo n’avait pas sa langue dans la poche. Ah ! Ce prélat, nous le regretterons toujours. À l’occasion de l’oraison funèbre de feu, Mgr Barthelemy Batantu, il avait interpellé le président de la République, Denis Sassou-N’guesso sur la vie religieuse au Congo, sur le fait qu’il «manquait une maison de retraite pour les prêtres  et les évêques retraités », il avait demandé à l’illustre disparu d’apporter le message suivant  au premier évêque congolais, Mgr Théophile Bemba « Rien n’a changé dans la vie religieuse au Congo » ; à Émile Biayenda « le pays sombre sous une nébuleuse malédiction après le sang du Christ, après son sacrifice à lui, Biayenda beaucoup d’autres victimes innocentes ont suivi sans assouvir la soif du pouvoir, et sans entamer une réconciliation profonde et conséquente ».

Il ne s’était pas arrêté là, il avait aussi un message pour Mgr Benoît Ngassongo « que nous ses cadets, nous sommes incapables d’enseigner et de construire des écoles comme lui. Nous venons de parler des enfants et des jeunes mais, avec des baratins ». Et même à Mgr Godefroy Émile Poaty « sur le front de l’inculturation où vous avez œuvré ensemble, il n’y a pas d’héritier, malgré la technologie et les ordinations qui nous encombrent dans nos bureaux. Sur le front des vocations sacerdotales qui était son souci primordial, nous sommes loin d’avoir des équipes pastorales soudées et efficaces ».

Ernest Nkombo était tellement sincère et enragé qu’il avait prié Mgr Batantu, non seulement « d’exorciser le Congo », mais aussi de présenter les excuses du Congo, à Fulbert Youlou, le premier président. Il n’avait pas oublié les autres présidents disparus, Marien Ngouabi et Alphonse Massamba Débat, « dites-leur que la violence demeure latente ».

Émile Biayenda s’il était encore en vie, laisserait il passer, l’occasion de glisser à Joseph Kabila Kabange, l’impératif de respecter la constitution ? « L’homme, qui s’est sacrifié pour le Congo », l’aurait fait sans hésiter. Beaucoup peuvent le parier. Lui qui était prêt à réconcilier Marien N’gouabi et son prédécesseur, le président Alphonse Massamba-Débat.

Mais parlons donc, de celui qui, aujourd’hui, en l’absence du cardinal Émile Biayenda, peut jouer ce rôle, et  peut éviter des risques inutiles aux deux Congo : Laurent Monsengwo Pasinya, qui s’est toujours prévalu d’une parenté par alliance avec Denis Sassou-N’guesso. Et qui déclarait, en 2010, à Brazzaville même : « il est un devoir pour les cardinaux de juger avec le pape, les événements à travers, le monde ». Monsengwo avait réservé sa toute première visite de cardinal au Congo Brazzaville. Comme un cardinal des « deux rives du Congo ». Il n’avait rien caché à la presse, il tenait ainsi à remercier le Congo Brazzaville de l’avoir assisté lors de  sa création en tant que cardinal. Son Éminence le cardinal, Laurent Monsengwo, est cardinal, le seul noir membre du groupe des huit cardinaux choisis par le pape pour réfléchir aux réformes à entreprendre sur les finances de l’église et de la curie romaine. C’est un intellectuel, titulaire d’un doctorat en écritures saintes. On le dit intègre, tenace  et déterminé. Il a toujours fait office de contre-pouvoir dans son pays, la RDC.  Quand son pays va mal, il en soufre. Ce n’est pas un secret. On dit aussi de lui « qu’il dit toujours ce qu’il pense vraiment ». Et d’ailleurs qu’il s’est toujours  imposé comme un fervent défenseur  de la justice, de la transparence et de l’intégrité.

Il est l’archevêque métropolitain de Kinshasa, mais il est surtout aussi  chez lui à Brazzaville. Où le seul cardinal Émile Biayenda est mort le 23 mars 1977. Quand Mgr Laurent Monsengwo a été créé cardinal, outre sa nièce Claudia, fille de Sassou, on a noté la présence de quelques officiels de Brazzaville à Rome, pour le soutenir. Il avait ensuite été reçu par le président Denis Sassou-Nguesso en décembre 2010. Pour son jubilé, ses 50 ans de vie sacerdotale, une délégation de la république du Congo avait fait le déplacement de Kinshasa, au stade du 20 mai. A l’inauguration de la basilique Sainte Anne du Congo, le 25 mars 2011, il était le représentant personnel du Pape Benoît XVI. Aux côtés de Denis Sassou-N’guesso.

L’archevêque métropolitain de Kinshasa, le cardinal Monsengwo, le ci-devant gendre de Denis Sassou-N’guesso (il est l’oncle de Claudia et Denis Christel Sassou-N’guesso),  ne tolère pas l’impasse en RDC. Dans Jeune Afrique, son éminence  déclarait «  pas question d’être à la botte du pouvoir politique ». Le cardinal Monsengwo n’est pas, n’importe qui, il est très au fait de la situation politique des deux Congo, des risques d’embrasement que pourrait d’avoir toute propension à la présidence à vie. Il a dirigé la conférence nationale  à l’époque de feu le président Mobutu. Il a dirigé le parlement de transition du même pays. Il sait donc très bien que les deux Congo seraient près de l’impasse et, même  près du chaos, si Joseph Kabila et Denis Sassou-N’guesso s’obstinent à briguer, chacun un nouveau mandat.

Pendant qu’il conseille à Kabila de respecter les textes ; et qu’il appelle la jeunesse de Kinshasa à  défendre la RDC, contre toute velléité de présidence à vie,  le cardinal Monsengwo devrait également, lui qui a toute l’oreille de son gendre, Denis Sassou-N’guesso, conseiller à son parent par alliance  de renoncer à la tentation d’un changement de constitution. Qui lui ouvrirait la présidence à vie. On sait que Sassou l’écouterait. Même si les évêques du Congo Brazzaville ont fait leur boulot, tirer la sonnette d’alarme,  ce serait d’un plus, que Laurent Monsengwo aussi agisse, ce d’autant que les situations sur les deux rives sont identiques, qu’il dénonce à Brazzaville, ce qui se trame, comme il le fait à Kinshasa. On sait qu’il est en mesure de le faire. Lui qui a toujours expliqué : « j’ai beaucoup reçu de Dieu et j’ai l’obligation de beaucoup donner. Dieu me demandera un jour des comptes »…

Du cardinal Laurent Monsengwo, le journal La Croix titrait en 2013 « La voix de l’Afrique au G8 du pape». Le «  Wojtyla africain », insistait le confrère La Croix, n’est pas homme à aller du dos de la cuillère. Cardinal, c’est la plus haute dignité  de l’Église catholique. Elle requiert de la sagesse, de la hauteur de vue, et de la vision. En novembre 2013, Laurent Mosengwo Pasinya affirmait  dans son homélie, «nous devons avoir le courage de respecter le mandat prescrit par les autres, car Dieu n’aime pas les dictateurs ».  Il  se prononçait ouvertement contre les manœuvres du régime en place à Kinshasa, visant la prolongation du mandat de l’actuel président de la République, Joseph Kabila, au-delà de 2016. Et de rappeler aux dirigeants politiques et même religieux qu’ils doivent cultiver le sens de l’humilité dans leurs services et exercer leur mandat, suivant les normes, textes et lois établis,  en évitant de s’éterniser inutilement au pouvoir ou chercher à consolider leur position au sommet de l’Etat, via des voies peu démocratiques.

Aujourd’hui, de cette éminence dont le franc-parler est reconnu, et qui a le privilège d’avoir l’oreille de son gendre, le président du Congo Brazzaville, Denis Sassou-N’guesso, beacoup pensent qu’il pourrait lui conseiller la même chose qu’à Kabila. Lui, l’oncle de Claudia «  Coco » et de Denis Christel Sassou-N’guesso « Kiki ».

Toukasse Valence

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Une réponse à “Le Cardinal Laurent Monsengwo ne peut-il pas conseiller à son gendre Denis Sassou-N’guesso de ne pas s’éterniser au pouvoir ?

  1. c’est fait, le président sassou a réussi à faire réviser la constitution de « son » pays. Hollande a avalisé. quelle est la position du cardinal Monsengwo lui qui ne veut pas l’entendre en rd Congo

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