Le message (à peine) caché du président Sassou à ses opposants et à la communauté internationale…

De son discours devant le congrès, beaucoup se sont tout simplement attardés sur le bilan des deux  septennats du président  Denis Sassou-N’guesso. Or, celui-ci, usant  de ruse a dévoilé tout de même son calendrier pour les touts prochains jours. En tout cas, ce qu’il compte faire, malgré tout. Il organisera un référendum, c’est indéniable selon lui. Il ne « dealera » pas avec son opposition, il n’y a pas de tour, le peuple décidera ». Pas plus qu’il ne tiendra compte que du dialogue de Sibiti, le seul qui compte à ses yeux.  Pas de Diata. Il l’a dit et c’est noir sur blanc. Décryptage !

APRES L'ANNONCE DE SASSOU DE S'EN TENIR AU REFERENUM, L'OPPOSITON VA T-ELLE AVOIR UN COUP DE POMPE ?

APRES L’ANNONCE DE SASSOU DE S’EN TENIR AU REFERENUM, L’OPPOSITON VA T-ELLE AVOIR UN COUP DE POMPE ?

Nous avons soigneusement déchiffré le discours du président de la République, devant les chambres du parlement, ce 12 août 2015. C’est un message à peine voilé. Il détaille avec force et assurance ses intentions de  se tourner vers le peuple. Et lui seul pour décider de l’avenir du Congo.

Le bilan de ses présidences, il était nécessaire et primordial qu’il le fasse. Ce d’autant plus que c’était son tout dernier discours devant les deux chambres. Mais au-delà de l’autosatisfaction qui sonne comme une provocation, puisque tout le monde est d’avis que tout ne va pas pour le mieux au pays, Denis Sassou-N’guesso a mis les gants. Parce qu’il savait ce discours très attendu, il aura évité l’annonce frontale. Tout de même, il a tout dit, et il a dit qu’il y aura bien un référendum pour que le peuple choisisse s’il faut ou non changer de constitution. Le président Sassou a aussi  dit qu’il n’était pas prêt « dealer » avec ses opposants. Pas plus qu’il n’acceptera de personne qu’on lui dicte la marge à suivre.

Le message est fort et clair.  Il cible ses opposants. Et la communauté internationale qui l’observe, à mesure que le Congo aborde son grand tournant. À aucun moment il précise. « Un autre que moi sera devant vous l’année prochaine, à la même date », mais il dit plutôt «L’année prochaine, à la même date ou presque, se tiendra ici, devant vous, le Président de la République sorti victorieux de l’élection présidentielle de juillet 2016… ».  Il n’y avait pas lieu de dire cela, s’il n’a aucune intention de s’accrocher au pouvoir.

Se focalisant sur  les élus de la nation, Denis Sassou-N’guesso souligne, « aucun d’entre vous n’a été nommé ni imposé. Vous êtes ici du fait de la volonté du peuple souverain. Par le suffrage universel direct ou indirect, le peuple vous a fait confiance. Et vous vous exprimez et agissez au nom du même peuple. N’est-ce pas cela la démocratie ? Serait-elle menacée ? Si d’aventure, c’était le cas, ce ne serait jamais par nous. Et nous ne le permettrons jamais». Le président Sassou ne permettra jamais qu’il n’y ait pas de référendum. Comme si cela était prévu dans la constitution. Comme si le débat même était une obligation.

« Qu’il soit, par ailleurs, compris de nous tous que la démocratie n’est ni une coterie politique ni un arrangement entre les hommes politiques pour se passer des tours de pouvoir au mépris de l’expression du peuple ». Et de poursuivre « La démocratie, depuis sa naissance, demeure le gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple. Le peuple est donc seul souverain. Ne l’oublions jamais. La démocratie, cest aussi, et bien  le dialogue, dialogue sain entre les citoyens, entre tous les acteurs de la vie publique. Parce qu’il n’y a pas meilleure voie en démocratie que celle du débat public, qui permet à toutes les opinions, à toutes les contradictions de s’exprimer librement. C’est ce que nous avons fait à Sibiti, il y a quelques jours. Sibiti dont les résultats ne manqueront pas d’écho dans le futur».

L’on comprend aisément que le président de la République ne prend pas en compte le dialogue alternatif organisé par l’opposition à Diata. À ses yeux, c’est Sibiti seul qui compte. Il ne répondra donc qu’aux recommandations que  Sibiti lui ait faites.

Il s’est exprimé devant les élus de la nation, mais il s’est principalement adressé aux opposants et à la communauté internationale. Pendant 15 ans, lui nous a donné la paix et la sécurité, nous devons continuer ainsi. Le Congo précise-t-il, a besoin de stabilité et  de sécurité, nous n’avons pas dit avoir tout fait, tout réussi. Et qu’il n’y a plus rien à faire. Ce qui a été fait, comporte nul doute des imperfections. Il nous appartient de les corriger.

Le but poursuivi par Sassou, l’émergence, est désormais certain et même évident. Sassou n’a aucun doute là-dessus. À présent, il suffit juste que le peuple souverain, détenteur du pouvoir, s’exprime pour lui permettre  d’atteindre ce but.  De le réaliser entièrement. Ne cherchez pas plus loin ! Ne vous torturez plus les méninges. Sassou veut l’onction du peuple. Et rien, à l’entendre, ne saurait lui faire changer d’avis. Le président de la République recule afin de  mieux sauter. Avis donc aux opposants, le message de Sassou est à peine voilé !

Toukasse Valence

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