Jean Marie Tassoua : Le «Katangais» qui pourrait créer la surprise…

 Sassou lui doit la victoire du 15 Octobre 1997. Le général «GIAP», face au refus presque systématique de certains haut gradés originaires de la région même de l’ancien chef de l’état, d’alors, Dénis Sassou-N’guesso, s’est montré optimiste et s’est appuyé sur les officiers « katangais », natifs de  sa région, la Likouala, comme Léonard  Noel Issongo, Philippe Logonda, Jacques Morlendé, Yves Mokoki  et Motandeau pour organiser la riposte face  à la progression des troupes de Pascal Lissouba. C’est d’ailleurs chez ce dernier qu’étaient stockées les armes et munitions. Et c’est même sous la férule de ce civil et novice  dans l’art de  la guerre que le camp Sassou a mené la prise de la cité des 17, leur toute première victoire au cours de cette guerre civile. Aux premières loges, dès le retour au pouvoir Denis Sassou-N’guesso, JMT  devient  très vite encombrant. Au point d’être mis au garage au conseil économique et social. On dit, ce ministre de la guerre de Sassou, mécontent. Il rumine une colère pour s’être fait éjecté du ministère des mines et de l’énergie, lequel il a occupé dès 1997. Avec ses frères, les officiers «katangais », réputés dans l’art du « combat », ils se plaignent de leurs faits d’armes  passés aux oubliettes.

 «… Le camarade Tassoua vient de gagner ses galons de général, il est désormais le général GIAP (du nom du célèbre général vietnamien, héros de l’indépendance qui a fêté ses  cent-trois ans, le 25 août 2015) qui nous conduira à la victoire », lui lance alors, l’ancien président dans un de ses retranchements de guerre. Dix-huit ans après la guerre civile, Jean Marie Tassoua, comme on le raconte à Brazzaville, dans son fief de N’kombo, périphérie Nord de la capitale congolaise, ne s’estime pas assez récompenser au prorata de ses efforts.

one 2 Ce grand gaillard, qui a fait toute sa carrière à l’assurance et réassurance du Congo (ARC), natif d’Enyellé dans la région de la Likouala, voisine des régions de la Cuvette et de la Sangha, héros de la victoire de Sassou sur Lissouba, alias, le « général GIAP »,   est le président du conseil économique et social depuis 2009. Il y a remplacé l’écrivain Auguste-Célestin Gongarad-Nkoua. Mais, il rouspète. On rapporte qu’il  considère le CES  comme une sorte de « mise à l’écart ».

Celui qui fût le ministre de la « guerre de Sassou de Juin à Octobre 1997 s’est installé dans une institution  dont la principale mission est de conseiller le gouvernement et le parlement, n’a malheureusement pas eu très vite et même entièrement le budget nécessaire à sa politique. Les choses vraiment pas évolué. Jean Marie Tassoua n’a jamais compris cet état de fait. Tout comme, il continue de se plaindre et n’accepte pas que l’on ne puisse toujours pas pouvoir lutter efficacement contre le chômage des jeunes, dans un pays où l’exploitation pétrolière génère pourtant d’impressionnantes recettes. Il pense à tous ces jeunes gens qui l’ont suivi, mais qui faute de relais dans la proximité d’OYO tire le diable par la queue. Et continuent de s’indigner.

Ainsi, sans mettre des gants, il « cogne » sans retenue. Même si dans l’entourage  du président de la république ont a vite voulu « mettre une barrière » et  se méfier  de cet ancien « ministre de la guerre », qui n’est pas membre du parti congolais du travail(PCT), mais du RDPS de Jean Pierre Thystère Tchikaya, et des forces démocratiques nouvelles (FDN). Et qui a su donner du fil à retordre aux candidats du parti au pouvoir et du club pur-2002 de César Wilfried N’guesso, le neveu de celui qui règne en maitre absolu au Congo Brazzaville.

Soupçonné un moment d’avoir  fait « sauter » la banque et de vouloir prendre la poudre d’escampette, Jean Marie Tassoua avait, sur ordre de Sassou him-self été, à l’époque été interdit  de quitter le pays. Et même si les choses ont  quelque peu changé, on continue de le tenir à l’œil. Y compris ses parents de la Likouala, surtout les officier.

Tassoua espérait rester plus longtemps au gouvernement, il n’a jamais apprécié de n’être resté que cinq ans. A Nkombo, son quartier, les « katangais» bavardent. Ils balancent. Et se plaignent de s’être fait voler leurs  faits d’armes par ceux qui n’étaient pas au front. Ils commencent même à se douter. Selon certains, s’il n’y avait pas eu la création des forces démocratiques nouvelles (FDU), et l’accord  électoral signé avec le parti au pouvoir, le 15 mai 2007, Tassoua ne serait probablement pas au conseil économique et social.

Tant et si bien que l’ ancien proche du regretté Jean Pierre Thystère-Tchikaya, ancien premier ministre et président du rassemblement pour la démocratie  et le progrès social(RDPS),  voudrait prendre ses distances. Les couards de 1997, profitent  agréablement du système, les mêmes  ont leur pied-à-terre hexagonale dans les quartiers huppés de Paris et dans sa ceinture, du triangle d’or, alors que lui, le « ministre de la guerre », a son manoir à Ris-Orangis, en Essonne. Il en déduit que le lait et le miel ne coule pas à part égale, entre les dignitaires du régime.

Tassoua voudrait, comme tous les autres se rapprocher de la place Concorde. Il voudrait probablement  aussi disposer de comptes bien alimentés.Mais le maître de mpila ne semble pas l’entendre de cette oreille. Une limite à la course à l’enrichissement semble avoir été tracée. Seuls les ressortissants  d’Oyo, d’Ollombo, de Tchikapika, d’Abala, et même d’Owando, tous de la région de la Cuvette, celle de Sassou, ont les coudées franches. De même que toutes les personnes pouponnées par « Ngouli », madame l’épouse du chef de l’état congolais. Tout semble fait pour éviter à tout autre  personnes de disposer de moyens colossaux. On craint tout simplement que ceux-ci se mettent en tête de prendre la place du « boss ».

La Bgfi-bank où Jean Dominique Okemba, conseiller spécial  de Sassou, en charge de la sécurité est pca,  a été déclarée , l’institution financière par principe. On contraint tous les pontes du régime à y déposer leur magot. Pour mieux les surveiller. L’alerte  est donnée, dès lors que le seuil du demi-milliard de CFA est franchi. Et là, c’est la disgrâce.

Se sentant surveiller, les « katangais », se font discrets. Jean Marie Tassoua ne parle pas assez. Il est avare de mots. Mais il a l’appui total des siens. Lesquels lui réclament d’ouvrir les yeux et de ne pas laisser le frère Bowao seul et sans assistance. C’est donc le moment d’agir à rebours. Et l’on sait que les officiers de la région de la Likouala lui vouent un véritable culte. Puisqu’il  compte parmi les notables de la colonie de la Likouala à Brazzaville, les plus respectés. Lui qui peut également compter sur la Sangha.

M’pila est  sur ses gardes. Tassoua le sait. Pourtant, peu importe. Le « katangais »pourrait agir pour La République. Il se sent trahi par l’homme qu’il a ramené au pouvoir ? Lui qui  n’a pas l’habitude de se découvrir et de s’étaler, pourrait créer la surprise. Celle qui mettra fin au régime Sassou.

Un homme trahi et diminué…

Son engagement aux côtés de Sassou est une histoire de passion et de convictions. Il se souviendra à jamais, de ses débuts dans la coordination du ministère de la guerre, de la manière dont il a réussi à faire engager dans cette lutte ses frères « katangais ». Et surtout, il n’oubliera surtout jamais, les réticences des officiers de la cuvette, la région de Sassou. Miraculeusement, il a rassemblé du monde, des jeunes surtout à cette cause. Après cinq mois d’âpres luttes avec de maigres moyens, JMT a pu souffler. Et même, reconnaissance oblige, réussir  à occuper le très convoité ministère des mines et de l’énergie. Seulement, on succombe à son ascension.Mais la grandeur et les beaux jours ne seront que de courte durée. Il fallait s’y attendre. Il fallait bien que les proches parents du président s’invitent, sortent des bois.

Dès lors, celui qui avait osé se battre courageusement doit accepter de dégringoler de quelques marches. Les choses s’accélèrent. JMT est stupéfait. Il est éjecté du ministère des mines et de l’énergie. Lui qui, a pris d’énormes risques pendant la guerre civile, s’inquiète. Il a même peur de tomber dans l’oubli. En réalité, il se sent comme trahi par le système qu’il a ramené au pouvoir et par l’homme qu’il a aidé.  C’est le temps d’agir pour La Nation.

Toukasse Valence

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