Révélation : Le clan Sassou  annonce l’élimination physique d’André Okombi Salissa…

 Dans sa parution n° 364 du 18 janvier, le journal Le Patriote sous la plume d’Aimé Raymond Nzango a mis à l’index André Okombi Salissa pour son «ingratitude flagrante et [son] ambition outrageusement démesurée ». Ingratitude vis-à-vis de Denis Sassou Nguesso, « son mentor qu’il veut à tout prix faire disparaître, politiquement ou physiquement ». Pour l’auteur, cela s’inscrit dans le registre de la lèse-majesté et le prix à payer  est, écrit-il sans gants, son élimination physique : « Car il doit savoir ce qu’il en coûte de défier le roi ou ‘’l’œil du maître’’ qui reconnaît le cerf parmi les bœufs ». Et l’histoire de la démocratie congolaise continuerait ainsi à s’écrire avec l’encre du sang et les larmes des autres.’

Pour parler de l’ingratitude du député de Lékana, Aimé Raymond Nzango parle de la ‘’faveur’’( ?) qui lui aurait été faite par Denis Sassou Nguesso en le nommant ministre de son gouvernement, lui qui, écrit-il, ne payait pas de mine, parce que sans expérience aucune, pour n’avoir jamais travaillé auparavant. Lisons-le : « Qui ne se souvient pas de l’émotion que provoqua dans l’opinion l’entrée au gouvernement (juste après la guerre du 5 juin 1997) de cet homme qui ne payait pas de mine, bombardé à un poste aussi important sans aucune expérience (n’ayant jamais travaillé auparavant), arrivé à son cabinet en sandales, écarté ensuite pour incompétence notoire et malversations financières et qui a juré la perte de son mentor qu’il veut à tout prix faire disparaître, politiquement ou physiquement »

Le deuxième chef d’accusation serait sa « pantagruélique soif de pouvoir » qui, allègue-t-il, « transparaît clairement dans les propos qu’il tient par médias interposés ». Il aurait dit que si l’élection présidentielle avait eu lieu maintenant, il gagnerait à coup sûr, dans tous les cas de figure. Pour Aimé Raymond Nzango, de tels propos sont symptomatiques d’une pathologie : « le cancer de l’ambition ».

Et ceci expliquant cela, il en vient à soutenir que ces deux motifs à eux seuls sont suffisants pour faire subir à Okombi Salissa la fin du moucheron de la fable de la Fontaine. Ce dernier, en effet, finit par tomber dans l’embuscade d’une toile d’araignée après qu’il ait victorieusement sonné la charge contre un lion. Il écrit alors : « Car il doit savoir ce qu’il en coûte de défier le roi ou ‘’l’œil du maître’’ qui reconnaît le cerf parmi les bœufs. Comme le moucheron qui, après avoir sonné la charge, sonne la victoire et finit dans l’embuscade d’une toile d’araignée… »

Cet article  fait à dessein une peinture caricaturale du député de Lékana. Le but avoué, c’est faire le terreau de la haine et du mépris afin de mieux aider les lecteurs à diaboliser André Okombi Salissa.

Quand par exemple il écrit que André Okombi Salissa n’a jamais travaillé auparavant et que par conséquent, en assumant les fonctions de ministre il était sans expérience aucune, le Congolais lambda se demande d’où tient-il cette information ? Un journaliste, un vrai écrit ou rapporte ce qu’il a vécu ou les éléments d’une enquête rigoureusement menée. Un journaliste n’écrit pas en obéissant à ses humeurs. On sait que depuis 1990, André Okombi Salissa était recruté comme fonctionnaire évoluant au ministère du Plan au service du Centre national de statistique et des sciences économiques (CNSSE). Une question  vient à l’esprit : Aimé Raymond Nzango  imagine-t-il ce qu’il écrit ou il a été lui-même témoin de ces choses ? C’est ici le lieu où j’en viens à me demander s’il est vraiment journaliste ou au contraire, il n’est qu’un simple militant zélé qui veut bien plaire à celui qui l’a enrôlé ? Otez-moi d’un doute Bitala Bitémo, Jean-Claude Kakou, Madila Pandi Niangui, Emile Ngankama, Mfumu et autres : reconnaissez-vous vraiment celui-ci comme un des vôtres ou bien c’est un infiltré ? Comme Saint Thomas, je ne croirai qu’il est journaliste si je ne vois son diplôme universitaire.

Au sujet du manque d’expérience, parlons-en : André Okombi Salissa a bien été un parfait manager à la tête de l’UJSC (URSS) avant d’être coordonnateur du CADD-MJ qui a réussi a éclipsé la place prépondérante de l’UJSC en tant que première organisation juvénile du PCT. Car, ne l’oublions pas, la fonction de ministre est avant tout un poste politique.

Okombi Salissa nommé ministre, serait-ce une pure faveur ? Que l’on ne s’y méprenne : en dehors de l’expérience administrative et politique évoquée supra, Okombi Salissa a été, au péril de sa vie, un acteur – et non des moindres – de la victoire dans la guerre du 5 juin qui a vu Denis Sassou Nguesso revenir aux affaires. Nombre de dignitaires qui aujourd’hui bombent le torse avec des slogans du genre ‘’lèdza, lènua’’ et qui peuvent maintenant vouer aux gémonies André Okombi Salissa le comparse étaient à peine visibles pendant cette guerre. Oui, disons-le, Sassou Nguesso est revenu aux affaires, non à l’issue d’une élection mais par le biais des armes. Okombi Salissa est nommé ministre non donc par faveur mais par reconnaissance. Et c’est le poids de cette reconnaissance qui  ait fait que Denis Sassou Nguesso, malgré tous les rapports mensongers  faits contre lui, le maintienne au gouvernement quinze années durant. Au sujet des conspirations contre lui, si vous le voulez, on en reparlera.

D’autre part, quand Aimé Raymond Nzango écrit qu’une fois nommé ministre, André Okombi Salissa serait venu prendre ses fonctions en sandales, l’écrit-il par mépris viscéral pour l’homme ou a-t-il été présent pour le dire ? Entre nous soit dit, est-ce vraisemblable qu’un ministre vienne  au cabinet en sandales ? Qu’est-ce qui aurait manqué à Okombi Salissa dont les parents sont foncièrement de grands commerçants  pour acheter une paire de chaussures digne et venir prendre ses fonctions ? Et même, le titre de seigneur de guerre qu’on lui reconnaît, ne lui aurait-il pas permis de s’acheter une paire de chaussures ?

Dans la suite de son réquisitoire, Raymond Nzango soutient malhonnêtement qu’André Okombi Salissa aurait été relevé de ses charges ministérielles pour cause d’incompétence et de malversations financières. Il y a lieu ici de se demander quel genre de chef de gouvernement est  Denis Sassou Nguesso ? Comment peut-il laisser un ministre, pendant quinze ans, commettre des malversations financières sans qu’il s’en émeuve ? L’a-t-il fait uniquement pour Okombi Salissa ou pour tous ses collaborateurs ? A demi-mots et sans le vouloir, Raymond Nzango noie ici son mentor qu’il accuse ainsi d’être le père du laisser-faire, le promoteur de l’impunité.

On aurait la nette impression qu’en dehors de ce que l’on sait officiellement, il y a des choses que le président raconterait à ses affidés sous les aisselles. A la vérité, ce que l’on sait officiellement c’est qu’André Okombi Salissa a eu, alors qu’il était encore au gouvernement, à demander que le président puisse respecter la constitution et s’abstienne de chercher à changer la constitution pour se maintenir au pouvoir. Voilà la véritable pomme de discorde !

Arrêtons-nous un moment et posons-nous la question de savoir si avoir, sur le plan politique, un point de vue contraire à celui du président est synonyme d’ « ingratitude flagrante ». N’est-ce pas plutôt, l’expression manifeste de la liberté d’opinion ? Taubira ministre français de la Justice – pour ne prendre que ce seul exemple – qui s’oppose vertement à François Hollande, son président, au sujet de la déchéance de la nationalité des Français binationaux serait-elle ingrate ? L’existence des courants au sein du PCT ne serait-elle plus reconnue au nom de la démocratie à l’africaine ?

Le député de Lékana a également été maudit pour ‘’ambition outrageusement démesurée’’. Il en est ainsi pour avoir caressé le vœu d’être candidat à l’élection présidentielle et surtout pour avoir déclaré qu’en cas d’élection libre et transparente, il serait élu haut la main. De tels propos ont provoqué l’ire d’Aimé Raymond Nzango  qui y relève « une pantagruélique soif de pouvoir » chez un homme rongé par « le cancer de l’ambition ».

Venez et plaidons : en quoi un homme politique qui se prononce pour une candidature à l’élection présidentielle commet-il un outrage ? Outrage à qui ? Conquérir le pouvoir n’est-il pas le but que vise tout parti ou association politique ? Et où est le crime si un candidat déclare qu’en cas d’élection libre et transparente, il serait élu haut la main ? Où serait l’enjeu s’il faut aller aux élections et s’avouer d’avance vaincu ? Même les sportifs congolais qui n’ont jamais, avant toute compétition internationale, bénéficié d’une préparation conséquente comme le font les sportifs des autres nations, ne vont jamais en compétition en victimes résignées. Et voici que le hasard leur a permis un jour de revenir avec la CAN en 1972. Pourquoi toute une levée de boucliers si cela est dit par Okombi Salissa ? Il y a anguille sous roche. Assurément ! D’autre part, si se porter candidat à la présidentielle c’est avoir une ‘’soif pantagruélique du pouvoir’’, que dirait Aimé Raymond Nzango au sujet de ceux qui, pour demeurer au pouvoir, même après plus de trente ans d’exercice de la fonction présidentielle, font et défont obstinément les constitutions, contre la volonté de la constitution elle-même, l’opinion nationale et internationale ?

Au terme d’un culte idolâtre où il tient à démontrer que les élections c’est une pure farce et qu’il n’y a personne pour prendre le pouvoir à Denis Sassou Nguesso ; et qu’Okombi Salissa en se prononçant comme candidat à l’élection présidentielle a commis un crime de lèse-majesté qui lui vaut d’être retranché du monde des vivants, Aimé Raymond Nzango écrit, avec sadisme et cynisme : « il doit savoir ce qu’il en coûte de défier le roi ou ‘’l’œil du maître’’ qui reconnaît le cerf parmi les bœufs. Comme le moucheron qui, après avoir sonné la charge, sonne la victoire et finit dans l’embuscade d’une toile d’araignée… ». Comme pour brouiller la piste et faire croire que son élimination est la juste peine qu’il lui faut, Aimé Raymond Nzango  affirme, fort gratuitement, qu’André Okombi Salissa   « veut à tout prix faire disparaître, politiquement ou physiquement » Denis Sassou Nguesso, son mentor. Cette menace n’est pas à prendre à la légère.

Au moment où j’entends mettre un terme à ces lignes, dans ce petit pays où tout le monde connaît tout le monde, où il n’y a rien de caché qui ne soit révélé, une voix me souffle à l’oreille et me révèle que Le Patriote est le journal privé du garant de la paix et de l’unité nationale, le Président de la république lui-même, bien qu’il soit financé par le trésor public et la SNPC. Si Aimé Raymond Nzango a parlé, il n’est que le porte-parole du Président. Cette menace n’est donc pas du verbiage, c’est un plan fermement arrêté.

Si cette information est avérée, qu’il me soit permis de m’adresser au Président de la République donc, car la ligne éditoriale d’un journal est édictée par son géniteur. Je puis dire que les articles qui y sont publiés sont lus d’avance par lui.

Monsieur le Président, quand A. R. Nzango écrit qu’André Okombi Salissa était venu prendre service en sandales, quand vous l’encouragez à écrire de telles âneries, ne trouvez-vous pas que c’est une offense doublée d’un mépris ? Le même sang du mépris qui coule en Me Jacques Okoko qui en 1977 s’exclamait en ces termes : « Même les…veulent du pouvoir !» est celui qui coule en A. R. Nzango aujourd’hui. C’est congénital ! Assurément, ils sont issus d’un même arbre généalogique. En permettant que de tels écrits passent dans un journal dont vous êtes le vrai directeur de publication, militez-vous ainsi pour la paix qui est votre credo, comme  vous le dites ? Le combat politique c’est le débat d’idées, rien que çà. Pourquoi faire le lit à l’invective ? Avez-vous entendu François Hollande pourfendre et traquer les frondeurs du PS ? Un adversaire politique n’est pas un ennemi. Il reste un compatriote. Monsieur le Président, soyez au-dessus de la mêlée !

A en croire l’homme qui me parlait, Aimé Raymond Nzango n’est qu’un masque, un prête-nom. Son vrai nom est Raymond Mounzakama et il est membre du Conseil supérieur de la liberté de communication (CSLC). C’est un proche collaborateur du président Mvouo et quand il peut offenser les gloires comme André Okombi Salissa, député élu, il ne craint nullement d’être censuré. Monsieur le président du CSLC, je vous ai entendu recommander aux journalistes, à l’occasion de la cérémonie de vœux que vous ont présentés vos collaborateurs, de faire que « la politique ne puisse faire peur à personne mais qu’elle serve utilement aux hommes et aux sociétés ». Le faisant sans arrière-pensées, sans partis pris, dans l’équilibre et l’équité qu’exige leur métier, ils auront, avez-vous dit, ennobli réellement le journalisme. Selon l’analogie de votre recommandation, quelle note auriez-vous donné à Aimé Raymond Nzango ? Zéro ou 20/20 ? Ce genre d’articles à la ‘’Mille collines’’, ennoblit-il le métier de journaliste ? Vous avez aussi dit : « La régulation des médias a commencé. Plus dure et plus ferme sera l’attitude du régulateur face à ces médias qui n’ont pas encore compris qu’il faut se départir d’un journalisme terrorisant ». Cela concerne-t-il aussi Aimé Raymond Nzango, votre collaborateur, le protégé du Président ou bien, le diable c’est seulement les autres ? L’opinion vous observe.

Qu’est-ce qui arrivera donc à Okombi Salissa ? Déjà, beaucoup de ses militants, ses proches parents et même ceux de sa garde rapprochée sont enlevés et se trouvent dans les prisons secrètes du régime. Que Dieu évite une nuit noire au Congo qui continue à écrire l’histoire de sa démocratie qu’avec le sang et les larmes des autres !

 Constant Wassamonwè

mvouo

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